Saiyuki Official Fanbook II

Interview de Kazuya Minekura datée de 2001 et tirée de Gensômaden Saiyuki official fanbook II aux éditions Enix. Saison 2. Episodes 1 à 24.

 

La série commence un scénario original à partir de l'épisode 27 et à ce titre, vous avez créé les personnages de Homura, Zenon et Shien. Quelles furent les demandes du réalisateur à ce sujet ?

Kazuya Minekura : Concernant l'histoire ou le profil des personnages, je laisse faire le staff de la série et je me suis contentée de faire le design de ces personnages. Le réalisateur m'a tout d'abord demandé ''quelqu'un avec autant de charisme : ils pensent de la même manière mais sont opposés.''

 

C'est donc un ''Sanzô Noir'' ou même un Sanzô négatif ?

Kazuya Minekura : Oui. (rires). Dans un sens, c'est le groupe de Sanzô sans Gokû. Ils se ressemblent à la base du caractère mais ils ont choisi une autre voie. C'est comme cela qu'on me les a présentés.

 

Sur quels points avez-vous insisté sur le design de ces personnages ?

Kazuya Minekura : J'ai surtout gardé en tête qu'il s'agissait de personnages pour l'animation et je les ai dessinés pour que quand ils bougent, ce soit assez impressionnant. Par exemple, la cape de Homura s'agite comme des ailes quand il bouge. Les chaînes qu'il a autour des bras donne l'impression qu'elles sont assez lâches mais qu'elles l'emprisonnent malgré tout. Le fait que ses deux yeux soient de couleur différente était pour donner une caractéristique correspondant à son profil de métis. Zenon et Shien sont venus rapidement mais j'ai hésité sur Homura jusqu'à la fin. J'aime beaucoup ce trio. En plus, leur version animée est très bien dessinée.

 

Vous avez parlé de donner des caractéristiques à vos personnages. Quel genre de caractéristique avez-vous donné à Sanzô et les autres ?

Kazuya Minekura : Il n'y en a pas tant que ça pour le groupe de Sanzô. J'ai donné à Nii Jienyi une peluche de lapin par exemple et le personnage qui se nomme ''Dieu'' apparaissant dans le manga a des marques au visage. J'aime donner ces signes de différenciation.

 

Vos personnages donnent souvent l'impression qu'il leur manque quelque chose, qu'ils cherchent quelque chose qu'il leur manque. Est-ce une caractéristique ?

Kazuya Minekura : Mes personnages finissent toujours ainsi naturellement. (rires) Si on me demandait de concevoir un personnage parfait et infaillible, je ne pourrais pas. Il n'existe personne de vraiment ''complet'' dans la réalité, à mon avis. Enfin, il est vrai que dans Saiyuki, la situation et l'environnement des personnages sont durs. C'est vrai aussi que les traumatismes du groupe de Sanzô sont durs. (rires) Mais je pense que ça va comme ça. En surface, je pense que le groupe apparaît comme des personnages équilibrés. En tout cas, au moins au début de la série. Ils sont forts, ils ont une forte volonté et il peuvent tout faire. Sanzô surtout apparaît comme quelqu'un de parfait et de fort. Mais plus j'avançais dans le manga, plus je me suis dit ''oh non, ils sont ratés !'' (rires) Quand je les regarde du point de vue du lecteur, je ne vois que leurs défauts. (rires)

 

Mais c'est leur charme.

Kazuya Minekura : J'aimerais en effet que cela fasse partie de leur charme.

 

Sanzô peut apparaître faible mais il se veut fort. Pourquoi le souhaite-t-il autant ? Il a assez de capacités pour avoir une vie plus tranquille.

Kazuya Minekura : Il fait le fier. Il a un trop grand orgueil. Enfin, la même chose vaut pour les autres. Ils ont tous une fierté différente. Et Sanzô est le plus prisonnier de ce besoin d'être fort. Je pense que la raison de cela vient de son maître. Mais il n'a pas vraiment compris ce que celui-ci voulait lui enseigner. (rires)

 

C'est vrai que son maître était plus relax.

Kazuya Minekura : En fait Hakkai est celui qui en est le plus proche niveau calme. Sanzô se trompe de direction parce qu'il se prend trop la tête. Il est obsédé par tout ce qui touche à son maître. Car il n'a pas pu le protéger. Mais c'est lui qui décide de faire ça tout seul.

 

En regardant ainsi, les autres personnages sont aussi emprisonnés.

Kazuya Minekura : Oui.

 

Gojyo par exemple a encore ses traumatismes d'enfance et ne peut rester calme quand des enfants sont impliqués.

Kazuya Minekura : Je pense que c'est normal que ça le mette en colère. (rires) Gojyo est normal en fait. Même si Sanzô l'enfonce tout le temps. (rires). Mais en fait, ce n'est pas si sûr. Gojyo n'ayant jamais vraiment souffert, une fois que cela lui est arrivé, il y a pas mal de choses qui en sont ressorties. Je pense qu'il s'est d'ailleurs ouvert et comprend maintenant plus de choses. Hakkai aussi est un peu libéré ces derniers temps. J'ignore pourquoi d'ailleurs.

 

Parce qu'il est avec ses amis ?

Kazuya Minekura : Ou alors, il fait le fier d'une certaine façon lui aussi. (rires)

 

Ce n'est pas toujours une mauvaise chose.

Kazuya Minekura : Je pense que c'est même nécessaire.

 

Est-ce que Gokû aussi est emprisonné ?

Kazuya Minekura : Même s'il n'a pas de doute, il est resté emprisonné durant 500 ans seul dans une cellule. Je le trouve d'ailleurs bien joyeux. (rires) Si je finis Saiyuki Gaiden, je pense que j'expliquerais sans doute pourquoi il peut rester joyeux. Quand on regarde la série, on peut deviner que Konzen, Kenren et Tenpô sont morts et que Gokû a été enfermé. Gokû n'a pas vraiment de la joie mais de l'espoir. C'est l'espoir de cette histoire. Vu que tous les autres sont des persos sans espoir... (rires)

 

Comment le groupe de Sanzô arrive à rester fort dans une situation aussi dure ? Ce serait normal s'ils se plaignaient un peu.

Kazuya Minekura : Pour moi, ce n 'est pas si dur. Sanzô et les autres sont d'ailleurs assez relax vis-à-vis de la situation. Ils considèrent comme ridicule de se plaindre, de perdre ou de mourir. Pour moi, je ne trouve pas cet aspect ''classe'' mais ''mignon''. J'essaie de faire ressortir ces aspects classe ou mignon quand je les écris. (rires)

 

Est-ce que voyager ensemble leur apporte un changement positif ?

Kazuya Minekura : Je pense qu'il y a un changement mais j'ignore s'il est positif ou négatif. Leurs répliques et leurs attitudes ont un peu changé depuis le début. Je me dis pour tous les personnages qu'ils n'auraient pas parlé ainsi avant. Hakkai devient de plus en plus fort niveau volonté. Il peut être gentil ou effrayant. Je pense que c'est celui qui vit avec le plus d'assurance. Gojyo change aussi. Je ne peux pas dire quoi exactement. Mais avant de rencontrer Sanzô et les autres, il était plus je m'en foutiste. Il faisait le fier et pensait qu'être je m'en foutiste était classe. (rires) Il essaie d'ailleurs toujours de vivre le plus classe possible. Gokû est un garçon fort et il devrait vivre de plus en plus vaillamment. Je pense qu'il est plus fort que Sanzô mentalement. (rires) Sanzô est celui qui change le moins.

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